Sociétés cotées au Maroc : une rentabilité parmi les plus élevées de la région Mena
12/04/2010
Le ROE (retour sur fonds propres) du marché se situe à 27% contre une moyenne de 25% pour la région Mena, selon Attijari Intermédiation.
Une rentabilité qui se justifie par une forte croissance des bénéfices, par un niveau élevé de distribution de dividendes et par un recours plus marqué au levier financier.
La Bourse de Casablanca est-elle en crise ? Si certains professionnels sont tentés de faire le lien avec le krach vécu par la place casablancaise entre 1998 et 2000 ou avec la dégringolade des Bourses mondiales en 2008 pour expliquer la tendance actuelle des cours, d’autres écartent carrément l’hypothèse de la crise et parlent d’une simple phase de réajustement technique entre les prix du marché et les fondamentaux. C’est le cas notamment des analystes d’Attijari Intermédiation qui expliquent, dans une récente étude, que contrairement au contexte de perte de confiance des investisseurs dans les fondamentaux des entreprises dans plusieurs pays, suite à la crise économique qui y sévit, la situation au Maroc n’est que passagère, qu’elle est due au caractère cyclique des marchés boursiers, et que la rentabilité financière que dégagent les sociétés cotées au Maroc, élément qui intéresse le plus les investisseurs, est à un niveau élevé qui, de plus, est appelé à croître durant les prochaines années.
En effet, la capacité d’une entreprise à réaliser des profits avec les fonds des actionnaires se mesure par la rentabilité financière, appelée aussi ROE (Return on Equity ou Retour sur fonds propres). «Ce ratio est la résultante de deux facteurs : le niveau de la rentabilité économique, d’une part, et la structure du passif, d’autre part», précise Attijari Intermédiation. Concrètrement, il s’agit du rapport entre les bénéfices dégagés et les capitaux qu’ont investi les actionnaires.
Entre 1996 et 2002, dans une conjoncture nationale peu porteuse et dans un contexte boursier perturbé, la rentabilité financière des sociétés cotées marocaines ne dépassait pas les 15% et suivait une tendance baissière causée par un essoufflement de la croissance des bénéfices (-0,3% en moyenne par an). «Le ROE de la place avait atteint en 2002 8,4%, soit son plus bas niveau historique», affirment les analystes de la société de Bourse. Cela dit, depuis 2005, et grâce à des conditions économiques nationales en nette amélioration, cette rentabilité s’est fortement consolidée pour atteindre 27% en 2007 et elle devrait s’établir au même niveau en 2008.